mercredi 16 décembre 2009

GOELAND : l'envol



Ma venue à ce métier est la suite logique des expériences de ma vie et de l’action d’écoute nommée GOELAND.

J’avais monté cette permanence d’écoute chez Bull au sein du comité d’entreprise, avec des tracts et un numéro de téléphone où chacun pouvait venir s’exprimer sur son désarroi.

J’ai travaillé à ce concept d’action syndicale avec une psychanalyste afin de mieux comprendre ce qui se passait et pouvoir l’écrire et le dire. A l’époque Bull licenciait 1 000 salariés par an. Grâce à cette écoute active certains salariés ont été réintégrés ou ont vécu moins douloureusement l’épisode du licenciement qui est un départ comme la mort.

J’ai naturellement souhaité animé ces groupes de salariés licenciés à l’extérieur de l’entreprise et des associations amies nous ont accueillis gratuitement.

J’ai élaboré des conventions liant les salariés licenciés, le C.E et la direction, garantissant un travail d’accompagnement de six mois et plus par des professionnels. Le C .E. payant ce travail.

A mes yeux, il fallait que ce travail bénéficie d’une reconnaissance économique, tout – ou presque - n’existant que par l’économie.

Des articles nombreux, accompagnèrent le développement de l’association GOELANDS, Groupe d’Evolution, structure d’écoute et et de soutien, dont j’étais l’initiateur.

Le Parisien parla, ces jours là, d’un couronnement de l’action «Trophée de l’initiative » dans un salon des Comités d’entreprises.
Ma voie semblait tracée dans le syndicalisme même si la C.G.T parlait, dans mon dos, de trahison, posant la question de savoir si j’étais simplement « dans le vent actuel ou dans le vent patronal ? »

En fait, je trouvais naturel de dénoncer ce qui se passait pour les salariés et de tâcher de jeter un pont entre ceux qui venaient de perdre leur emploi et le monde extérieur. Je me suis trouvé naturellement dans la lutte contre l’exclusion.


Extrait de "Journal d'un psy de l'urgence"