
Une banque nous demande d'intervenir auprès d'une salariée, victime d’une attaque à main armée deux ans auparavant. On avait arrêté l'agresseur et on lui demandait d'aller témoigner, ce qu'elle se refusait obstinément à faire. S’ensuivit un arrêt de maladie, elle avait peur. L'assistante sociale me précise que cette personne souffrait de troubles assez importants depuis l'agression, et qu'elle était souvent absente car malade.
Elle a accepté de me recevoir.
Elle souffre de névralgies faciales, et elle est souvent arrêtée à cause de ces maux de tête. En fait son agresseur lui avait plaqué le visage contre la vitre du sas de la banque pendant l'agression. Sa névralgie venait très probablement de là, cela lui avait glacé le sang. Il fallait qu’elle revive son ressenti douloureux, son choc traumatique. Ce type extrêmement menaçant et violent l'avait choisie parmi les employés, ce qui ajoute encore à l'angoisse ressentie d’avoir été choisi elle. Il y a toujours le pourquoi moi ?
Elle a eu très peur ainsi coincée entre les deux portes automatiques du sas, plaquée contre la vitre. Il l’avait prise en otage. Qui plus est, elle m’apprend que son ex-compagnon avait été tué par balle quelques années auparavant, et qu'elle n’a plus du tout confiance en la justice, l'assassin n’ayant été condamné qu'à une peine de dix ans de prison.
D'autre part, elle ne veut surtout pas être confrontée avec son agresseur. Ce type avait menacé, si quelqu'un parlait contre lui, de régler ses comptes. J'ai su par l’assistante sociale qu'elle est allée témoigner finalement, et qu'elle a pu exprimer sa peur. Le Juge, lors de l’audience, lui a demandé ce qu'elle avait à dire à son agresseur et c'est là qu'elle a exprimé sa peur. J'ai donc pu, grâce à mon travail, la libérer de cette peur qui l'enfermait en elle-même, qui l’empêchait de venir témoigner au procès.
C’était gagné, elle était revenue dans le monde des vivants !
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