mardi 5 janvier 2010

Quand la mort surgit sur le lieu de travail


Pour chacun d’entre nous, les blessures font partie de nous-mêmes depuis ce premier cri poussé à la face du monde au sortir du ventre de notre mère. S’ensuivront celles liées au travail, aux amours déçues, aux accidents, aux maladies, aux examens, etc. Si « toute épreuve qui ne tue pas nous fortifie » selon Nietzsche, elle n’en laisse pas moins des traces qui pour certains ne s’effacent jamais.

Nous intervenons souvent par rapport aux décès des résidents. Ainsi on nous a appelés parce qu’une responsable de résidence a ouvert une porte de chambre derrière laquelle un homme d’une cinquantaine d’année était étendu, mort depuis une dizaine de jours. Personne ne s'en était rendu compte. L’odeur a alerté les voisins.
Les résidents disaient qu'il y avait une mauvaise odeur, ajoutant qu’on n'avait pas vu un tel depuis pas mal de temps.

Et qui doit ouvrir la porte? Le salarié. Qui va voir ce qui se passe, qui appelle la police, qui va gérer la suite ? Là, plus que jamais la mort s’intègre à la vie. Ce n’est pas de la philosophie, c’est de la vie courante. C’est pourquoi il est nécessaire de former les salariés à ce type de réalité. Pourquoi ? Parce que dans nos sociétés la mort est sortie de la vie et il est étonnant de la revoir paraitre dans le cadre du travail.


Extrait de Journal d'un psy de l'urgence aux Editions Société des Ecrivains

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